La Nouvelle Diplomatie Economique à Cuba …

Cuba

Avant, des gens, consultants et lobbyistes dont ni les revenus, ni l’avenir ne dépendaient des fonctionnaires français et agents parapublics en charge des soutiens officiels à l’exportation (lire grosso modo les missions d’exportateurs subventionnés en bandes organisées, les actions Ubifrance ou machins régionaux et consulaires concurrents, les financement Oséo/BPI/Fasep et assimilés, et les garanties Coface), fantasmaient souvent, et militaient parfois pour le rattachement de la diplomatie (d)économique et commerciale au Quai d’Orsay, avec de bonnes, de moins bonnes, et de mauvaises (dé)raisons, suggérant en général d’augmenter les budgets (cf séminaire d’intégration de l’éna, et listes des “grands corps” et primes y afférentes pour comprendre) et de décentraliser, déconcentrer (cf cours de 1er semestre ScPo pour la différence) et/ou régionaliser les dispositifs (lire la littérature sur la régionalisation à la française pour les tenants et aboutissants), tout en conservant une capacité d’impulsion et d’orientation au niveau gouvernemental, et un poste de ministre “plein” sur le sujet (lire les décrets d’attributions des secrétaires d’état au journal officiel et les règles concernant les tailles et budgets des cabinets pour subodorer pourquoi il vaut mieux être ministre que secrétaire, surtout si on veut être invité dans les dîners en ville du mercredi et du jeudi, après le Conseil des ministres où les secrétaires ne sont tolérés que si un point d’ordre du jour les concerne).

Cuba

Mais c’était avant, du temps où les intermédiaires plus ou moins honorablement inconnus pouvaient toucher des com’ en franchise de taxes, où d’autres pouvaient financer leurs campagnes à grands coups de rétrocom’ sans risquer grand chose de plus qu’un attentat anti-français et quelques dizaines de morts par-çi, une défenestration ou autre plaisanterie coupant court aux risques de complications par-là-bas, ou un petit scandale  pariso-parisien impliquant des porteurs de grosses valises et chaussures sur mesures fréquentant régulièrement les couloirs sombres et salons dorés des palais républicains les plus chics, et où d’excellents sénateurs pouvaient amadouer les journalistes inutilement curieux d’un coup de voyages en 1ère au soleil, disent les vieux de la vieille qui ont connu le financement d’usines de dessalement sans adduction d’eau sur crédits aide au développement, les navires plus ou moins océanographiques offerts à des amis sur protocoles intergouvernementaux, et le bruit des semelles cloutées de chaussures en croco dans les couloirs des établissements conjoints et solidaires dans l’administration des dérogations interministérielles.

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C’était il n’y a pas si longtemps, encore quand la charmante Nicole Bricq était (coupable, et ir)responsable, de la promotion de l’image de la “Marque (Île de) France” dans le monde (plus ou moins) réel.

vieille cubaine Cuba

C’était avant que le commerce extérieur (avec le tourisme, et un autre truc) ne soit rattaché au Quai d’Orsay de Laurent Fabius (parce que laisser le truc végéter chez Mosco, c’était mortel, mais le mettre dans les pattes de Foul Monty, c’eût été carrément suicidaire, même les plus ballots de Solferino s’en sont rendu compte, et puis Fleur Pellerin en avait marre de bosser dans un asile d’aliénés).

ambulant

C’était avant qu’on décide en très haut lieu que la French Tech est un sujet trop sérieux pour la laisser à des gens qui s’occupent un peu de haute technologie française, à tort ou à raison, et avec des bonheurs inégaux.

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Maintenant, le temps est venu du contre-lobbying de la part des anti-tout en général et anti-Fabius de tous partis et tous courants PS en particulier, des opposants de tous bords au gouvernement de maintenant par principe, et des tenants de la re-bercysation (n’en parler, jamais, y penser, toujours), tandis que ceux qui n’ont jamais cru que la diplomatie économique pouvait avoir une influence significative sur les performances internationales des entreprises “françaises” (lire les CAC40  pas encore totalement rachetés par des concurrents ou fonds prédateurs étrangers, les ETI pas trop à la ramasse, ni encore délocalisées pour toutes leurs activités internationales, ni encore vendues à des investisseurs étrangers, les PME provinciales ayant les moyens, l’envie, les produits et les compétences pour ne pas juste perdre leur chemise en prospection inutile, en ventes à des escrocs, ou en contrats foireux, enfin les startups et autres jeunes entreprises subventionnées par Oséo, BPI et/ou un machin territorial sous conditions d’activisme réel ou simulé à l’export) se demandent si c’était une si bonne idée d’enlever le commerce extérieur des bras cassés ruinés de Bercy pour le mettre dans les mains délicates des diplomates préférant voyager en jet à Cuba à la belle saison dans les Caraïbes, plutôt que ramer en train vers les foires allemandes, ou aller en RER serrer des paluches aux  salons internationaux de Villepinte  …

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Evidemment, si Fabius offre à Montebourg des verges pour faire fouetter les diplomates du Quai en allant ridiculiser la France avec un saut de puce de promotion du partenariat stratégosphérique franco-cubain entre économies réellement communistes qui ne marchent pas, tentant de remplacer Hugo Chavez dans le coeur des derniers communistes du Tiers-Monde tropical et autres abonnés à Granma, plutôt que d’essayer de comprendre ce qu’est devenu le business dans le monde émergé depuis qu’il est à la retraite, ou de négocier sérieusement avec Bruxelles et Washington sur le TAFTA et autres bugs genre boycott allemand soft du foie gras ou concurrences déloyales sur un peu tout un peu partout, ça va faciliter la tâche des lobbyistes de Bercy.

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Bien sûr, si Fleur Pellerin passe le pont du 1er Mai à faire du pédalo gonflable à la Havane en feignant de s’enthousiasmer au cocktail-discours de la chambre de commerce française pour le partenariat touristique franco-cubain et la promotion du French Tech dans un coin où les bagnoles datent des années 50, elle ne va pas trop convaincre la presse française spécialisée dans les voyages de ministres avec délégation de patrons de PME, même la plus conciliante, ni séduire les fans les moins amortis du mentorat entre exportateurs et autres groupies pas encore décédées du Pacte PME International.

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La Nouvelle Diplomatie Economique en vacances de printemps au soleil du tropical-socialisme, ça ne va pas rééquilibrer le déficit commercial …

ENL-v

Complément sur la visite de Fleur Pellerin à Cuba 3-6 mai 2014 (Quai d’Orsay) http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/cuba/la-france-et-cuba/visites-8483/article/cuba-deplacement-de-fleur-pellerin?xtor=RSS-4

Complément sur la visite de Laurent Fabius à Cuba 13 avril 2014 http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/cuba/la-france-et-cuba/visites-8483/article/deplacement-de-laurent-fabius-a-112250

A suivre sur le compte Twitter de la secrétaire d’état au commerce extérieur http://twitter.com/fleurpellerin

Frenchonomics …

Renaud Favier – 5 Mai 2014

frenchonomics France Renaud Favier

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