Le naufrage du commerce extérieur français n’est, hélas, pas un film pour enfants avec un “happy end”

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Crédit photo : Pirates des Caraïbes

Plus ça change, moins ça change, mais ça plonge toujours plus …

http://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/030485896113-le-commerce-exterieur-senfonce-dangereusement-dans-le-rouge-2106831.php#xtor=RSS-37

http://www.lopinion.fr/edition/economie/commerce-exterieur-catastrophe-s-aggrave-malgre-exportations-records-132113

http://www.lopinion.fr/edition/economie/commerce-exterieur-en-berne-gouvernement-veut-rationaliser-reseaux-d-132103

Les (derniers) commentateurs, et certains notables, du commerce extérieur, semblent attendre chaque annonce de solde mensuel, ou semestriel, de l’import-export avec l’attendrissante naïveté de gosses devant un dessin animé de Walt Disney, comme les fans du PSG et autres professionnels du loto sportif sont suspendus aux résultats de la Champions’ League, applaudissant frénétiquement depuis leur canapé tel twit de succès plus ou moins exemplaire dans l’armement ou l’aéronautique, s’entre-félicitant bruyamment sur les réseaux sociaux de telle virile démonstration de patriotisme économique dans les chantiers navals entre deux (dé)nationalisations, sinon deux eaux, ou telle étrange déculottée prévisible dans les négociations multilatérales menées par des fonctionnaires européens ne parlant pas, et écoutant encore moins, le français au bras de hauts fonctionnaires français délocalisés à Genève attendant leur retraite dorée au bord du Lac, et dégustant avec frénésie toute prédiction d’amélioration de la “demande internationale adressée à la France” (formule consacrée depuis qu’un stagiaire d’Euler-Hermès a remplacé l’économiste de la Coface pour les powerpoint aux pince-fesses pour consultants), tout pronostic, aimablement offert par un chief déconomiste parisien de chez Goldman Sachs ou l’économiste francophone le plus en chef du FMI, d’évolution favorable des cours de devises plus ou moins improbables ou de l’indispensable pétrole (quand il fait froid, il faut chauffer, et quand il fait chaud, il faut climatiser), et/ou tout poulet de presse spécialisée sur telle ou telle annonce de réorganisation, de nomination, ou de régionalisation, dans ce qu’il reste convenu d’appeler le “dispositif d’appui public au commerce extérieur” si l’on a connu les PEE à la Grand-Papa et les couloirs de Bercy du temps du “Show-DREE”, ou “l’équipe de France de l’export” si l’on souhaite jouer les insiders de la fan-zone de la diplomatie économique de maintenant, mais qui tient plus du navire amiral Potemkine entouré de canots de sauvetage secoués par les concurrences étrangères, le mauvais temps global, et les marchands privés de services plus ou moins indispensables, de rapports copiés-collés, et d’autres coûteuses sornettes et/ou douteuses intermédiations.

Le lecteur arrivé jusqu’à la fin du paragraphe introductif aussi indigeste, voire abscon, que déprimant, voire réaliste, est supposé intéressé par le sujet, voire un tant soit peu averti sur les enjeux, les acteurs, et les “développements récents”, comme l’on écrit dans les documents financiers … bref, capable de lire entre les lignes sans trop de notes de bas de page, barils d’eau tiède pour cours de ScPO ou amphi d’HEC, et autres rappels (pré)historiques.

Le sujet tient en quelques questions auxquelles les réponses sont aussi évidentes qu’invariablement inquiétantes, au-delà des comparaisons avec l’Allemagne ou d’autres rivaux européens, des analyses sur les nouvelles balances globales de pouvoirs économiques, des constats accablants sur la rétro-colonisation des anciennes puissances européennes en général et de la France en particulier, par les vendeurs de pétrole, de biens de consommation, et des services financiers :

  1. Peut-on moins importer, ne serait-ce que pour assurer un minimum vital de consommation intérieure et l’approvisionnement en intrants et matières premières indispensables pour produire de quoi exporter, alors qu’on ne fabrique plus grand-chose, qu’on n’a pas tellement de matières premières (même la terre agricole encore assez vivante pour produire du blé quand la météo n’est pas désastreuse et l’eau pas trop polluée pour arroser du maïs se raréfient) et pas du tout de pétrole sauf à se mettre très vite et très fort à pomper le gaz de schiste, enfin qu’un droit du travail boulet au bras d’une fiscalité assassine parviennent à saboter la compétitivité jusque dans les services ? Non.
  2. Les cache-misère de l’aéronautique et des vins pourront-ils durablement compenser les désastres à l’export dans l’industrie, les services commercialement viables, et l’agro-alimentaire durable, pour empêcher le déficit commercial de plomber l’indépendance du pays ? Non.
  3. Les impostures à la compétitivité genre mentorat de primo-exportateurs avec buffets campagnards co-financés par les conseils régionaux et les fonds européens, promenades de vieux entrepreneurs en bandes organisées avec sénateurs plus ou moins improbables des Français de l’étranger, et autres voyages et/ou banquets subventionnés de gamins en short testeurs de babyfoot de pouponnières French Tech et goûteurs de champagne hors-taxe sont-elles à la hauteur des enjeux de la compétition sur les marchés internationaux. Non.

Bref, c’est sacrement mal barré, si l’on n’arrive pas à relancer une économie productive viable, pas dépendante d’assignats gagés sur du vent ou de touristes logeant en rbnb fans de McDo et de Disneyland, d’investissement étranger prédateur, ou de financements européens hypothéquant l’avenir, pas organisée par des bêtes à concours administratifs autour de jardins d’enfants pour ex-piliers de BDE fans de jeux vidéos, pas fondée sur le fantasme d’une “startup nation” alors que n’importe quel écolier de cours moyen voit bien que partager sa bagnole, sous-louer son canapé, ou revendre ses meubles dans le web ne créera pas la queue d’un emploi, ni ne générera le premier euro d’impôt …

Compléments

RF – 8 août 2017

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